Ryzom
Bratakk

De EncyclopAtys

Bratakk
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Guilde Jardins d'Atys
Rang inconnu
Race Matis
Nationalité
Culte


Assis sur l'herbe fraiche des primes racines, Bratakk contemplait ses mains pleine de sève. Une fois encore il avait échappé à la patrouille Kitin. Cette sève, il la fixait et des souvenirs remontèrent...


Il était né dans un petit village, non pas un petit village mais un avant-poste le long de la frontière nord, là où le sable est omniprésent, de même que les Fyros et les Kitins. Là où les plus faible ne survivent pas très longtemps, victime des animaux du désert ou de la chaleur. Là où les homins sont destinés à la guerre et les homines au marchandage, à la fabrication d’objets, à la culture… et à la procréation. Chulak, car tel était le nom de cet avant-poste depuis si longtemps oublié par le Roi, survivait tant bien que mal aux attaques de ses ennemis, accueillant chaque Matis comme un secours et chaque non Matis comme un ennemi. La vie était rude mais les Matis survivaient, en compagnie d’une poignée de Fyros, esclaves capturés et survivant des raids. Il apprit le combat, car il était Homin et tel était son devoir. Il apprit à se cacher dans le désert, à économiser son eau, à reconnaître les traces du Kitin, les pièges fourbes du Fyros, car cela était nécéssaire pour survivre. Il apprit à respecter, louer et honorer Jena. Il apprit la Karavan, car elle était à Chulak et constituait le dernier lien avec le reste du continent, et le seul moyen de ne pas définitivement mourir si l’ennemi vous submergeait.

Et un jour, avec la Karavan, ELLE lui apparut. Elle portait la tenue des Karavanes, moulant son corps parfait et cachant son visage qu’il devinait parfait aussi. Elle venait voir le capitaine de Chulak, mais contrairement à l’habitude, elle ne repartit pas immédiatement après. Au contraire, elle s’installa inconfortablement dans le camp et commença à partager la vie des Homins.

Il se rappela alors sa rencontre... LA rencontre

Il faisait chaud et le bruit envahissait Chulak. Il était assis à l'entrée du village et regardait vers le désert et à coté de lui se tenait à genoux cette Karavane...

"Que fais-tu là Bratakk , demanda-t-elle ? -Je surveille le désert." Il la regardait et tentait de voir derrière ce masque. "Il ne bougera pas ...dit-elle avec un petit rire. - Ne vous moquez pas... - Mais je ne me moque pas... oula, quel regard... Tu me ferais du mal ?" Ce disant elle lui prit la main. Il se laissa faire, même si il frémit à ce contact. Elle guida sa main jusqu'à son propre cou... C'était la première fois que la peau de Bratakk touchait une armure de la Karavan et le contact était chaud, comme une seconde peau... Les sens de l'homin s'emballaient. "Non, tu ne me feras aucun mal... car c'est dans tes gênes mon jeune homin..." Il ne répondit rien mais il se savait incapable de lui faire le moindre mal. Jamais.

Et derrière le masque un sourire apparut car elle savait qu'elle avait acquis une fidélité indestructible de la part de cet homin.

"Les miens me nomment Cyrcee, Bratakk..."

Ce nom et toutes les images qui y étaient attachées se bousculaient encore dans sa tête quand la relève vint. Il alla alors se coucher.

Des images lui parvinrent pendant son sommeil.

Cyrcee... Elle avait passé beaucoup de temps avec lui. Et lui, comme envouté par cette Karavane accourait lorsqu'elle le demandait. Que de temps ils avaient passé ensemble. Il l'avait accompagné souvent au-dehors du village lui servant de garde du corps. Il ne savait pas trop ce que cela voulait dire au début, mais il avait compris petit à petit. Il était avec elle et la protégeait de tous les dangers.

Les saisons s'étaient écoulées et il était heureux. Il apprenait de nombreuses chose. Hormis le combat il savait maintenant bien se comporter, pas toujours comme ce guerrier barbare qu'il était. Lire, écrire, bien se comporter, tout cela il savait le faire maintenant. Et il avait appris pour être plus près de sa Karavane.

Et comme il fallait s'y attendre, il tomba amoureux.

Des images douloureuses vinrent dans ses rèves et l'homin se réveilla en sursaut. Il se rappela les paroles de Cyrcee au tout début, lorsqu'elle lui expliqua ce qu'était un garde du corps. "Une relation amoureuse entre un garde du corps et son principal est vouée à un échec... Ne jamais trop s'attacher." Elle avait raison... Il se revit quittant Chulak... Les larmes vinrent à ses yeux.

Et lorsqu'il ferma les yeux, ce n'est pas le visage de Cyrcee qui lui vint à l'esprit.


Il pensait à Cyrcee. Oh, jamais ils n'avaient partagé la même couche.. Non, un homin et une Karavane... Impensable. Mais il y avait eu des contacts, des caresses, toujours avec cette seconde peau qu'elle portait et à chaque fois un trouble qui les avait parcourus. Combien de fois il avait failli arracher ce masque pour lui voler un baiser et connaitre ses lèvres. Mais jamais il n'avait osé. Elle, consciente de sa frustration, l'avait encouragé à avoir de jeunes homines en maîtresses. Ou était-ce pour une autre raison, il ne le savait...

Bratakk avait été heureux, mais cela ne dura pas. Un jour, lors qu'une promenade dans le désert, alors que la nuit tombait, Cyrcee s'agenouilla face à lui. Il crut voir son masque changer et il crut apercevoir des yeux d'un bleu irréel.

Elle lui prit les mains et lui dit : "Bratakk, j'ai passé de bons moments avec toi, mais je dois me consacrer à des choses plus sérieuses désormais." Elle l'aurait transpercé avec une patte de Kincher qu'il n'aurait pas eu plus mal. "Prochainement, la personne que j'aime va venir ici et il te vaporiserait s'il te trouvait ici. Ce que je comprends puique je ferais de même s'il ramenait une de ses aventures d'un soir." Comment pouvait-elle dire cela... Bratakk n'en croyait pas ses oreilles. Ainsi il n'était que cela pour elle... Il gardait sa colère, sa douleur, comme il avait appris à le faire. "Tu ne peux donc rester à Chulak. Un convoi homin passe pas loin de Chulak en ce moment, rejoins-le et suis-le. Je te demande une dernière chose et après tu seras libre. Trouve une jeune homine à protéger, Atys n'en manque pas. Et si elle le mérite, sois-lui aussi fidèle qu'à moi. Que Jena Veille sur toi mon Bratakk..."

Elle se leva et partit. Il ne vit pas les larmes dans ses yeux et il resta seul, avec sa douleur, sa colère et sa haine...

Le lendemain, Bratakk partit à la rencontre du convoi. Il rencontra le Effseh. Bien plus tard il apprit qu'une armée Kitins avait rasé Chulak peu de temps après son depart et qu'il n'y avait pas eu un seul survivant.

Bratakk n'eut plus jamais de nouvelles de Cyrcee...

Bratakk avait quitté Chulak le coeur gros et se rendait à la recherche du convoi.

Mais de convoi il n'y avait plus. Juste des morts, en nombre... Tous morts ils étaient tous morts... Maudits kitins... Un râle se fit entendre... Cela venait de dessous un lourd kitin. Après moult efforts, Bratakk parvint à extraire le corps d'un noble matis. Il portait une lourde armure et de sa main s'échappa un marteau. Bratakk aida le survivant à enlever son casque.

"Merci homin... " Bratakk regarda les blessures du noble matis... Il se maudit encore une fois de n'avoir pas appris les bases du soin...

"Ne t'en fais pas pour moi, même la magie ne peut plus rien... Mais j'en ai occis plus d'un..." Un rire profond qui finit dans un crachement de sang.

De sa poigne puissante, il agrippa Bratakk par le cou et amena son visage près du sien. "Homin... "Il fixa Bratakk dans les yeux. "Ma fille... Elle est en vie, je le sais. Promets-moi de la retrouver et de veiller sur elle". Bratakk ne savait que dire, mais l'homme le secoua :"PROMETS-MOI - Je le promets..."

La main qui tenait son cou lacha Bratakk et l'homin perdit de sa force... Son corps sans vie fut déposé par Bratakk au sol.

Ne sachant que faire, il commenca à fouiller l'homin mort. Il trouva quelques papiers qui lui permirent de savoir qui il était.

Après avoir procédé à une cérémonie, Bratakk reprit son chemin, un morceau d'étoffe désormais à son poignet.

Longtemps après, Bratakk retrouva à Yrkanis Tuuli Verine, fille de Teralevi Verine et s'engagea auprès d'elle.