Ryzom
La-Win-Cho

De EncyclopAtys

Bonjour à vous. Je me nomme La-Win-Cho. Je suis Zoraï, prêtre kamiste et raporteur des Cercles Zorais. Approchez, et écoutez mon histoire....


Souvenirs oubliés...

Je me reveillai en sursaut... Ce rêve, il est trop réel, ce n'est pas possible. Je....C'est.... Ma vie.... je dois l'écrire afin de m'en souvenir.

  • La-Win prend une plume*

"Je me nomme La-Win-Cho. J'ai été élevé dans la jungle sauvage par le clan familial. Après le Grand Essaim, mon clan s'est refugié dans une région qui leur était inconnue. Il a survécu, malgré les restes de patrouilles kitins, les carnivores, la faim mais surtout l'absence d'autres homins. Nous pensions être les seuls survivants, jusqu'au jour où nous avons trouvé un convoi, dévasté, lacéré. Nous connaissions les coupables, c'était Eux.

Nous explorâmes les décombres, encore fumantes du pollen des kipestas. Des cadavres, des dizaines de cadavres. Mais pas un seul grignoté, mangé ou meme digéré. On le savait, Ils ne tuaient que par haine. Ce fut le premier contact avec nos semblables depuis des dizaines de cycles. Les chariots utilisés ne venaient pas de la region, le bois était traité, comme avant Leur arrivée. Soudain un cri. Ma soeur revenait vers nous en criant. Un mort avait bougé, nous dit elle. Je courus avec mon père vers le soi disant mort. Celui-ci était comme nous zoraïs, l'acide lui avait rongé tout le coté droit jusqu'à l'os. Mais le reste était intact. Ma mère, guérisseuse, arriva aussi. Apres plusieurs soins et minutes, le blessé rebougea, puis murmura. Personne ne le comprit. Nous decidâmes de l'emmener avec nous, afin de continuer les soins, et de connaître la raison de leur présence. Enfin, nous savions que nous n'étions plus seuls.

Dans la nuit, l'homin se reveilla. Il nous parla du peuple zoraï, qui avait été sauvé et recueilli dans des sanctuaires, aidé par disait il ... la karavan. Personne ne le crut, pourquoi nous aideraient-ils? Ma mère nous dit alors que les plantes qu'elle lui avait fait ingérer avaient souvent des effets de délire. Il continua, nous parla de la reconstruction de notre capitale, toujours dans la jungle. Mon père pensait que c'était encore un délire, les Murs étaient tombés, devant ses yeux de jeune soldat. Il vit les griffes massacrer tout le monde, pourfendre les bâtiments. Non c'était impossible, le peuple était mort, impossible, il l'avait vu, un kami l'a sauvé en le téléportant avec nous dans cette région. Les autres, il etait certain qu'ils avaient péri. Le délirant nous dit même le lieu de cette reconstrution. Très loin, au nord. Il venait de là-bas, avant de se faire attaquer. Mon père ricana. Au Nord, il y avait la goo. L'autre lui répondit, qu'ils avaient réussi à faire reculer la goo. C'en était trop pour mon père, qui refusa de l'écouter et retourna se coucher. Moi, j'étais ébahi. Il me dit qu'ils revivaient dans des maisons. La peur de dormir n'existait plus. Plus de crainte de se faire attaquer en pleine nuit. Ils mangeaient bien, souvent. Je m'endormis dans des visions de villes, que je n'avais jamais vues, des maisons. Je voyais ça comme un tronc immense avec un trou dedans.

Je fus reveillé par un cri. Pas celui de ma soeur cette fois malheureusement. Ce cri, c'était celui d'un varinx. Une attaque nocturne est le pire qui puisse arriver. Plongé dans le noir, nous ne pouvons rien faire, seulement attendre qu'il eut choisi sa victime. Nous étions tous serrés les uns contre les autres, tremblant d'effroi à chaque respiration du félin, à chaque pas velouté, à chaque frolement. La peur... de perdre la vie, de perdre un parent. Le varinx faisait son choix, nous ne bougions pas, paralisés. Soudain, j'entendis mon père se lever et brandir ses 2 lames. Puis, un autre bruit, mat, un bruit d'os rompu. Les varinx tuent leurs victimes en leur rompant la nuque... Et la, deux émotions énormes, d'abord le soulagement d'avoir été epargné, qui fut vite remplacé par la compréhension des événements. C'était mon pere qui était mort. Tristesse. Mais le destin n'avait pas fini, le varinx relacha le corps, qui tomba dans un fracas et s'enfuit à toute jambe. Un cliquetis arrivait... de plus en plus fort. Par les kamis, je me jurais de ne plus jamais vivre dans cette peur. Le bruit s'amplifia. La seule solution qui me venait à l'esprit était les maisons. Le bruit fut accompagné de Leurs cris habituels. Or ces maisons je le savais, il fallait que je les trouve là-bas, dans le pays-à-goo.

Cette fois c'était sur, Ils etaient là. Toujours dans le noir, toujours dans la peur, je couru. J'entendais mon clan essayer de courir ici. Mais c'était en vain. Ma soeur était sur mes épaules, elle était trop petite pour courir. Je courus, à en perdre haleine. je cru même m'envoler. Oui, mes pieds quittaient le sol! je levai les yeux, et vit un kipesta qui tirait entre ses mandibules la tête de ma soeur. Sa sève me coula sur le visage. Je compris que c'était déja trop tard pour elle, pourtant, je frappai le kipesta, avec la dague de mon père que ma soeur tenait encore dans ses bras. Je le frappais, encore, meme lorsqu'il était à terre, je continuai... je pleurais, de haine, de peur, de tristesse, de stress. Ma poitrine était en feu, peut-être le polen du kipesta, peut-être par le manque de souffle. Je m'affalai sur le sol, tout était encore noir. Je me reveillai, et me disait, ouf ce n'était qu'un rêve, le jour était levé. Mais le corps du kitin était encore sous moi. Retour à la réalité, ce n'était pas un rêve. Je retrouvai le corps de ma soeur quelques pas plus loin, la tête à demi arrachée, la sève sortait encore de son cou désarticulé.

Je courus au campement. Vision horrifiante. Le clan, tout le clan gisait, les corps étaient tous pourfendus, brulés. j'entendis une respiration hatelante. C'était ma mère. Je m'agenouillai vers elle. Elle ouvrit les yeux et murmura " le fou est ta chance, mon enfant, écoute le...". je decouvris alors l'étendue de ses blessures. Son thorax était meurtri de plusieurs entailles. Elle avait du rester debout pour essayer de soigner les autres... Ses yeux se refermèrent. Son souffle disparut. La lumiere filait sur le camp, m'exposant le spetacle macabre. Tant de souffrances pendant la nuit, tant de morts, tant de pertes.

La pluie vint alors laver la scène. je voyais la sève se mélanger à l'eau, ruisseler sur mon corps, puis couler sur les feuilles, rejoignant les autres ruisseaux mélant eau et sève de tout mon clan. je restai là des heures, en essayant de comprendre, pourquoi moi j'avais été épargné. Je tenais la dague de mon père dans la main. Je pris ensuite son épée, sur le seul corps épargné par les kitins. je vis quand même la marque des crocs dans sa nuque. Je pris aussi les gants de ma mère, meme si je n'avais pas encore appris l'art des kamis... Je pris donc la direction que le fou avait indiquée dans ses délires. Le pays-à-goo m'attendait. Je laissais derrière moi mon clan, ainsi que les seuls homins que je connaissais. Mon coeur se serra comme jamais, des larmes coulèrent pendant des jours de marche.

Le voyage fut long. Je survécus comme je l'avais toujours fait, mais seul. La chasse était plus dure, je n'attrapais que des yubos, que j'avais peine à tuer. Un matin, après une longue nuit de peur et d'angoisse, je vis une chose étrange. Une boule de poil fouillait mon sac! je sautai sur lui avec ma dague. Je la projettai vers le voleur de toutes mes forces, mais elle ne transperça que l'air! la chose avait disparu au moment de l'attaque. Je regardai autour de moi, et la revis pendue à un arbre, la tête en bas. C'était la premiere fois que je voyais cet animal. A part les poils aussi noirs que la nuit, je ne discernais de lui que deux yeux blancs, et parfois deux petites mains. Je m'aprochais, résolu à le punir. "Bonjour" je me retournai, j'avais entendu une voix. Puis un rire. "C'est moi.". La boule de poil réapparut juste devant mon masque. je criais aux alentours " qui êtes vous?". Toujours un petit rire, et toujours la boule de poil qui ne me lachait pas. "Montrez vous!". Le rire redoubla. "Je suis devant toi". Je ne voyais que la boule de poil... Je compris. Mes parents m'en avait parlé. C'était un kami, qui d'après ce que j'avais compris, était un représantant de notre dieu Ma-Duk. Je rangeai ma dague. je savais qu'il ne me voulait pas de mal. "Que voulez vous?" lui dis-je. "Faim" j'entendis dans ma tête. Il tendit sa main. je fouillai dans mon sac, ne trouvant qu'une patte de yubo avariée et lui offris. "merci" et il disparut.

Les jours d'après, les yubos étaient tous plus gras, plus gros, plus facile a attraper. Je commençai à retrouver des forces. Mon chemin me semblait de plus en plus tracé. Les arbres formaient peu à peu une allée. La nuit, les buissons devenaient feuillus, afin d'épaissir mon matelas. Je compris bien plus tard que c'était ma récompense pour un avoir aidé le kami. Je ne sais combien de temps j'ai voyagé. Mais je suis arrivé finalement, à un petit village. Je vis un grand cercle, avec des portes, et un rocher qui volait au dessus. Je vis pour la première fois l'architecture zoraï.