Ryzom
Iuwenn

De EncyclopAtys

Introduction

Un homin contemple le ciel, il est agenouillé, ses lèvres se meuvent au rythme des vagues, il chantonne une prière.. Près de lui repose une lourde épée Fyros, sa lame est encore vierge du sang des Homins. Il fouille sa besace et en sort une vieille pipe sculptée dans de l'oath. La maniant avec un profond respect, il fait jaillir de ses doigts une petite flamme, l'homin inspire profondément... Il communie avec les éléments. En pleine méditation transcendantale, il laisse parler ses sentiments... Je vis pour l'harmonie... Le chant des oiseaux, la douceur de l'écorce qui caresse mes pieds... La paix de l'âme. Tu es celui qui sait, indique-moi la voie à suivre, pour que ma solitude ne soit pas vaine, fais de moi un autre Homin, que ta parole se transmette, que ta sagesse me fasse entrevoir la lumière. Je suis... Loin de mes proches, les circonstances font que je ne les reverrai probablement plus... Je n'ai plus que mes croyances, ma philosophie, ma manière de concevoir le monde à travers ton regard. Tu es celui qui comprend, mon amour et ma vie sont désormais tiens. Je... Il s'endormit. Il se réveilla peu de temps après... Ses yeux fixant le lointain, il se leva, saisit sa lame et partit en direction des terres zoraï. ... Je me nomme... Iuwenn, je suis à la recherche du Ki, l'énergie vitale, la clé qui ferme les portes de nos chimères.

La lune sourit a celui qui sait la trouver donne lui ton plus beau sourire


Cela faisait un an que j'avais quitté mes terres natales, un long voyage jonché d'embûches, de fausses joies, de blessures physiques et morales.

Devant moi se dressait un immense vortex, la porte de mes espoirs, de mes attentes. Je ne pus empêcher une larme de couler... Enfin ! Je rangeai mes amplificateurs, derrière ce voile bleu, le repos... Je quittai rapidement les primes racines, ce lieu qui avait épuisé mon corps, laissant place à l'euphorie et à la joie. Zora la Grande fût ma première destination, j'y restais plusieurs jours, essayant de m'adapter tant bien que mal aux coutumes locales. Mais quel endroit mes amis ! Les homins avaient su dompter la jungle, la respecter et vivre en harmonie avec elle. Les yeux emplis d'images grandioses, je partis en direction de Min-Cho, mon baluchon et ma boussole comme seule compagnie. Le voyage fut des plus agréables, le matin je me nourrissais de baies sauvages et de fleurs de psykoplas, la journée durant je marchais. Parfois je m'accordais un court instant de repos, récitant une prière à la gloire de Ma Duk.

Un soir, je fit la rencontre d'un Homin peu ordinaire : Ardjuna, fils spirituel du Wu-Song et pèlerin corps et âme. Il faisait froid, l'hiver était rude, le Zoraï portait une tenue de mendiant trempée par la pluie et verdie par la flore environnante. Le feu du campement réchauffa nos coeurs et délia nos langues, je sortis ma pipe à shooki et une bouteille de liqueur, s'ensuivit une longue discussion.

- Zoraï, parles moi de Wu-Song !

Une moue d'excitation parut filtrer à travers le masque.

- C'était un grand Homin mon frère ! Il a voué son existence au service des autres, recherchant sa propre illumination... Wu-Song était un Hoministe. Voici ses commandements : « Admirez Atys dans sa parure verdoyante et regardez comment les rivières ont ourlé de fils d’argent les pans de sa robe. »

« Le chant des oiseaux est le même dans la forêt et dans la jungle, dans le désert et sur les lacs, il appartient à tout être qui possède des oreilles pour l’entendre. Ce sont les battements du cœur des homins qui rythment les rivières de sève d’Atys »

« Faites de votre sourire le reflet de la beauté et de la lumière d’Atys et vous aurez contribué grandement à l'œuvre de la paix. »

« Si chaque pas posé sur Atys est une prière, qu’elle soit adressée à Ma-Duk ou à Jena, alors vous progresserez toujours dans le respect du sacré. Alors votre pas sera sacré. »

«Le ciel dure, Atys persiste. Qu'est-ce donc qui les pousse à cela ? Ils ne vivent point pour eux-mêmes. »

- Ces paroles sont emplies d'une grande sagesse. Je crois... Il me semble que sa vision du monde correspond à la mienne... Sur certains points du moins.

- Mmm... Comment.ça ?

- La religion... Pour moi, le respect passe par l'ignorance de l'autre, c'est un équilibre. Le violer est une entorse à la paix.

- C'est un peu fragile non ?

- Mmm, possible, oui... Mais je ne demande qu'à élargir mon esprit... Et je suis encore jeune.

- J'en suis heureux... La vraie paix est intérieure ! Les homins agissent le plus souvent pour se départager et faire valoir leurs différences. Respecte-toi et tu vivras heureux. Il éclata de rire.

-Mmm, tu as sans doute raison. Si cela était possible, j'aimerais marcher près de vous à l'avenir, et apprendre à connaître Wu-Song.

Il prit la pipe et inspira profondément, un sourire se dessina derrière l'épaisse fumée blanche, puis vint la poignée de main.

- Bienvenue parmi nous frère Iuwenn ! Puisse la parole du grand pèlerin guider ton bras.

Chapitre un

Les brises de l'automne caressait la nudité de mes pieds. Le temps était propisce à la rêverie, allongé dans l'herbe soyeuse du promontoire aux kipees, je ressassais les évènements de ces dix dernieres années. La découverte des commandements de Wu-Song, puis les longues excursions dans la jungle à se forger le caractère, notre rejet du cercle de la défense Zorai, et l'entrainement.. la magie, les armes blanches.. A quoi bon ? Je me sentais comme un yubo au sein d'un troupeau de messabs.. Le temps s'écoulait très vite et du haut de mes 28 ans, je me sentais las et inutile. Quelques noms traversèrent mon esprit, Rodius, Nithayah, Soumeat, Kyrie, Almarick, Xeon, mes frères et soeurs de sève, morts ou disparu pour la plupart. Seul restait Rodius, plus que jamais fidèle aux dragons noirs, malgré sa religion et ses principes. Je songeais avec stupeur que je ne connaissais plus qu'une poignée d'Homins natifs d'Aeden Aqueous, un étranger parmi les siens. Sur un coup de tête, je saisis mon écusson du Wu-Song et le déchira. Ici, je ne sers à rien, les paroles du grand pèlerin sont un rêve inaccessible. Je passais une dernière fois au hall du Wu-Song afin d'y prendre de quoi voyager quelques jours : provisions, vêtements propres, une dizaine de feuilles de papier, un pôt d'encre de stinga bleue et une plume. Sur la table du salon, quelques lignes :

A l'aube d'un nouveau jour, le yubo s'éveille, la tête dans le plat.. .. ( :!: )


Le lendemain, je quittais le pays malade afin de retourner auprès des lacs qui m'avaient vu naître. J'empruntais le même chemin que j'avais utilisé bien des années auparavant. Après plusieurs semaines de marche intensive, le voile bleu me faisait de nouveau façe, la porte de sortie de mes désillusions. A genoux, les mains liées en signe de respect, j'embrassais une dernière fois la terre des enfants de Ma Duk. Vint ensuite le pas décisif, mon corps s'éleva à travers plusieurs dimensions, le décor changea progressivement jusqu'à sombrer dans l'obscurité du reflet : les primes racines. Les jours défilèrent au rythme des gouttes de seve frappant le parterre d'une flore arride. Un matin, alors que j'affutais ma lame, un hurlement strident rompa le calme platonique qu'abritait les lieux environnants. Un Homin ! me disais-je.. Je me levai brusquement, les sens en éveil, l'arme au poing, guettant au loin un danger hypothétique. A pas de yubo, je m'approchai progressivement d'un fossé qui me semblait suspect. Des râles d'agonie parvinrent jusqu'à mes oreilles; en baissant la tête, j'aperçu le corps lacéré d'un jeune Tryker.

- Kyrie ! - Kin... Kincher... Il perdit connaisance.

Le kitin sentit ma présence et fût rapidement sur nous, sont dard relevé, en position de chasse. Je prononçai quelques mots, la magie bouillona dans ma seve jusqu'à sortir de mon être; les diverses incantations défensives que m'avaient apris plusieurs sages Zorai me permirent de frapper sans craindre pour ma vie. Le combat fût éprouvant, s'achevant par la mort douloureuse du prédateur, un liquide violet perlant de ses blessures. N'ayant plus assez de forçes pour pouvoir moi-même guerir mon ami, je lui fis boire une liqueur aux propriétés curratives. Il reprit lentement connaissance. Anxieux, pansant les profondes entailles sur son torse, je priais Ma Duk qu'il s'en sorte indemne.

En plein délire, il prononçait des bribes de phrases icompréhensibles.

- Je..na .. Ki..tin.. lac.. lo.. Aeden Aq..

dernière.. gorgée.. goût.. amer.. de la terre.. .. .. dans la seve

La fatigue l'emporta progressivement sur la peur de perdre un être cher.. épuisé, je m'endormis au milieu de la nuit. A l'aube, je me réveillai en sursaut. Jetant un oeil près de ma couche, je réalisai avec stupeur qu'il n'était plus là.

- ... Etrange.. Je ne reconnais pas là mon ami.. C'est comme s'il cherchait à fuir quelque chose.. enfin, nous verrons bien. En route !

Je repris la route, songeant au chemin qu'il me restait à parcourir. Dans quelques jours, je serai en Aeden Aqueous, courage ! Au milieu de l'après midi, une forte fièvre m'obliga à faire halte, mes sens s'évanouissaient, ma vue se troublait, j'étais comme sourd et aveugle. Je me tenais debout tant bien que mal à l'aide de mon fourreau, la sueur ruisselait de mon front. Hurlant de douleur, je m'effondrai de tout mon poids. Personne.. c'est fini, je vais crever inutilement. balbutiai-je à demi-inconscient.

- A l'aide ! Seul l'écho répondit à mes plaintes, puis le trou noir.


Chapitre deux

- Que.. .. ou suis-je ? - Calmez vous Monsieur, reposez vous.. voila.. - .. oui. - Vous souvenez vous de quelque chose ? - .. souvenir.. non - Comment vous apellez-vous ? - Je.. - Monsieur, vous êtes sûr que ça va ? - Je.. ne sais pas qui je suis.. - Vous avez eu de la chance vous savez ! - Que.. Comment ? - Une caravane marchande vous a croisé en chemin, ils venaient faire du commerce par chez nous. Ahèm.. ils ont ont pris le soin de payer le service rendu en prélevant dans la bourse de Monsieur.. - Quel est cet endroit ? - Nous sommes à Sveged, dans la contrée des chuttes de la rosée. - Qui êtes vous ? - Je suis le médecin du village, je soigne toutes sortes de choses.. quand on a les moyens de payer bien sûr.. Il faut bien vivre.. - .. Je suis .. malade ? - Dur de le dire en fait.. Vous présentez des symptomes qui me sont inconnus. Il semblerait que votre corps ai été intoxiqué. Je ne peux que vous administrer un traitement anti-douleur, en esperant que votre système immunitaire réagisse de lui même. - Merci pour tout.. - Voici vos affaires. L'homin montra du doigt un sac de voyage conséquent. Peut être trouverez vous quelque chose d'intéressant.. Je vous laisse, vous avez besoin de repos.