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Sommaire

Résumé

Écrits

Un renouveau

La silhouette encapuchonnée descendit la dernière marche de l’escalier avant de marquer un temps d’arrêt. La salle de la taverne était assez encombrée, et il ne restait plus beaucoup de places dans les coins ombragés. Du monde arrivait à Pyr, c’était bon signe pour la vitalité de la région. La Guerre, elle, ne s’arrêtait jamais et prenait de nombreuses vies. La guilde avait subi de nombreux coups durs ces derniers temps et nombre de frères et de sœurs d’armes étaient tombés. Trop pour pouvoir continuer à lutter ensembles, d’une des plus grandes elle était tombée à quelques individus seulement. Ils s'étaient alors éparpilles dans la région, le temps de retrouver leur force d'antan.

La jeune femme s’asseya sur un tabouret près du bar et fit signe au tavernier de s’approcher.

« Donne moi un peu de brouet », fit la jeune femme. Elle mit la main dans la poche de son manteau et en sortit quelques graines qu’elle commença à compter.

Le Fyros assis à sa gauche, sortit le nez de son assiette, se leva et se tourna vers la nouvelle venue. Il avait encore des petits morceaux d’omelette accrochés dans sa barbe et semblait un brin éméché.

« Tiens, tiens, mais ne serait-ce pas là la fameuse meneuse des Sentinelles d’Atys ? », fit-il en forçant de la voix, pour être bien sûr que tout le monde l’entende.

« Va caguer … », répondit-elle en posant sur le comptoir l’assiette tendue par le tavernier. Celui-ci rangea les graines que la jeune femme lui avait données et se frotta les mains dans un grand torchon beige ; homme d’expérience, il voyait d’un assez mauvais œil ta tournure que prenait la discussion.

« J’ai entendu dire qu’il ne restait plus grand monde chez les Sentinelles. Ils ont fuit ta mauvaise humeur quotidienne ? Il eut un petit rire. T’as fait quoi encore pour les repousser ? » Il donna un petit coup sur l’épaule de la Fyros avec la paume de la main. Celle-ci attrapa juste la cuillère près de son assiette à pleine main, l’air de vouloir lui la planter entre les deux yeux et se fixa.

Elle lui répondit en sifflant entre ses dents. « Eux au moins étaient des braves qui se sont battus jusqu’au bout. Ils ont vécu en braves, ils sont morts en braves. »

« Tu veux faire croire ça à qui ? D’un coup d’un seul, ils auraient disparu aux griffes d’un monstrUeux Il insista fortement sur le u Kipee infecté par le Goo ! Bah j’te parie qu’ils sont partis se saouler le plus loin de toi. Ils ont préféré ça à ton infâme odeur de crotte de Mektoub. »

« Hé ! Gurian, t’aimes bien l’omelette visiblement ? »

« Hein ? », le Fyros ne comprit pas de suite pourquoi son interlocutrice changea de sujet.

« Bah tiens regarde. » Gozmoth fit un quart de tour rapide sur son tabouret vers sa gauche et décocha un magistral coup de pied entre les jambes de Gurian. « J’te casse les œufs ! », cria-t-elle.

Le Fyros eut d’abord une expression de surprise qui se transforma en curieux rictus au fur et à mesure que l’avalanche de douleur lui remontait les reins. Il ne poussa aucun cri et s’écroula lamentablement par terre, évanoui.

Le jeune Fyros courait pour rentrer chez lui, la nuit était déjà tombée depuis quelques heures et il avait dépassé depuis longtemps l'heure de retour prévue. Il imaginait déjà les reproches de son père et les pleurs de sa mère, les interdictions de sorties et le confinement dans la maison familial. Il redoubla son effort et s'engagea tête baissée dans une ruelle à sa droite.

Le choc fut violent, il percuta avec force un Fyros qui passait par là et se retrouva en moins de temps qu'il ne comprit les fesses par terre. Rien de grave si ce n'est une douleur persistante à l'arrière-train.

« Chuis désolé m'sieur, j'vous ai pas vu !" » lança-t-il.

La personne qu'il avait heurté se relevait avec lui. C'était un grand homin, solidement bâti, et qui se demandait aussi un peu ce qu'il lui était arrivé. Il s'épousseta de la main en le regardant et lui dit.

« Hé fait gaffe petit, tu aurais pu te faire mal. J'en ai déjà vu s'embrocher bêtement sur une épée comme ça." »

Il fit ensuite un petit sourire et poursuivit sa marche vers la taverne d'où s'échappait un sourd brouhaha. Le jeune Fyros, encore un peu sonné, le regarda partir et pénétrer dans le bâtiment. Un fort tumulte emplit soudainement l'air lorsque le Fyros ouvrit la porte et finit de réveiller complètement l'adolescent. Celui-ci, curieux de nature, s'approcha de l'ouverture pour regarder ce qui s'y passait.

Il n'avait encore jamais vu ça : à l'intérieur se trouvait une bonne vingtaine, voir plus, de Fyros tous en train de se battre. Les chaises et les tabourets volaient et le bois craquait. L'aubergiste se tenait la tête entre les deux mains et était en train de crier quelque chose. C'était une vraie zizanie.

Un bruit à sa droite, il se retourna, surpris. Le Fyros qu'il avait croisé, venait de ressortir avec sous son bras une homin, visiblement salement amochée. Il la déposa contre le rebord de la fontaine qui se trouvait non loin, sortit un tissu de sa poche et le trempa dans l'eau.

« C'est pas possible ça, on te laisse deux minutes toute seule et c'est un merdier monstre. »

La Fyros avait le visage tuméfiée et du sang coulait de son nez, ses cheveux étaient tous collés par la transpiration et de la nourriture écrasée.

« Il avait qu'à pas me chercher." » Elle sifflait entre ses dents. « Comment ça 'il' ? On a pas eu assez d'emmerdes dernièrement ? Ah ... mais arrête de remuer un peu ! » Il lui essayait le visage. « Tu es aussi agressive qu'un Gingo enragé, et encore." »

Pour toute réponse, elle cracha par terre un glaviot ensanglanté.

Pour toute réponse, elle cracha par terre un glaviot ensanglanté.

« Je te connais depuis longtemps et j'ai encore cru que t'allais me bouffer la main, t'es pas croyable." » « J'ai un peu d'mal à rester en place depuis la chute des Sentinelles, Khalzaam." » « Hé bien, je me suis renseigné un peu et je pense que tu devrais demander à Ufo et à sa bande si il ne veulent pas d'une hystérique pour briser des côtes comme tu sais si bien le faire. Ce sont eux qui étaient les plus proches des Sentinelles après tout. Tiens ... mouche toi." » Il lui tendit un autre bout de tissu. « Je verrais bien demain, ils tiennent un bureau de recrutement près de la place du marché. Je discuterai avec eux." »

La Fyros se releva et porta son regard de braise sur un adolescent qui les observait depuis tout à l'heure. Celui-ci se dépêcha de prendre ses jambes à son cou et disparu dans la nuit ...

Et c'est ainsi que le lendemain la Fyros arriva le visage tuméfié au bureau de recrutement et rencontra ses futurs compagnons de route.

Défaite

La Furie se réveilla le visage par terre, englué dans un mélange d'alcool et de sciure. Elle ouvrit péniblement les yeux, la lumière vive du jour lui vrilla la tête. La Fyros détourna le regard en gémissant et essaya de se relever péniblement.

Arrivée à quatre pattes, un long filet de bave la reliant toujours au sol, elle prit conscience qu'elle se trouvait dans une rue de Pyr. Quelques homins passaient sans la voir, le brouhaha du marché commençait à emplir l'air.

Elle se mit sur ses fesses, s'adossa à un mur proche et ne put que constater son état lamentable. Elle avait vomi partout sur sa plus belle armure et la sciure s'y était mélangée formant un infâme magma noirâtre. Sur le côté son caparaçon, les attaches étaient toutes dégraffées.

« Quelle chiure, c'est Chrisis qui va gueuler... », lâcha t'elle.

La Furie essaya de rassembler ses souvenirs sur ce qui s'était passé la veille. Le mariage de Pyrotess et Creenshaw, le rendez-vous au hall des Légions, le verre offert par Ufo, l'envol du bouquet de la mariée, le verre offert par Ufo, la mise à prix de la jarretière de Pyrotess, le verre offert par Ufo, ... puis un trou noir. Ah si ? Une bouteille offerte par Ufo dans la salle du bas.

Elle eut une nausée soudaine et dégobilla bruyamment contre la paroi de la bâtisse contre laquelle elle était.

D'un revers de la main, elle s'essuya le pourtour de la bouche et tenta de se mettre debout. S'appuyant contre le mur tout proche, elle y arriva péniblement, la terre tournant et tanguant dangereusement autour d'elle.

N'ayant aucune idée d'où elle était, et Pyr étant connue pour ses nombreuses ruelles entremêlées, elle entreprit de partir le plus droit possible pour trouver un endroit pour se débarbouiller.

Tensions

Une petite troupe de badauds commençait à s'agglutiner devant la tente d'un marchand de matières premières sur la place de Pyr. Il y avait visiblement du grabuge ...

« Et alors tu vas me les prendre ces dents de Varynx ? » La Fyros serrait à deux mains le coup du marchand. Deux des jeunes fils du marchand tirait chacun sur un bras de la Furie pour essayer de lui faire lâcher prise mais visiblement sans succès, elle semblait bougrement déterminée à lui dévisser la tête.

« a... h... a... » Le marchand surpris par la flambée d'humeur de la Fyros se trouvait sur la pointe des pieds et n'arrivait pas à articuler ses mots. Il fixait les yeux de braise de son adversaire, essayant de la faire céder du regard.

La Fyros lâcha soudain prise. Les talons du marchand retrouvèrent le sol et il se massa le coup visiblement contrarié.

« Bon... ok je vous ai dis que je cherchais des dents de Varynx, mais voila j'en cherche plus. Ce n'est pas un drame quand même ! », dit-il en prenant un pas de recul.

« Écoute mon grand, ces dents de Varynx je vais te les foutre une à une dans le c... ». Une exclamation. Quelqu'un interrompit la Fyros.

« Je te les prends, Gozmoth, au prix que t'a proposé le marchand. » La Fyros se retourna brutalement vers celui qui avait parlé. C'était un grand matis au teint pâle comme la sciure, son armure avait la couleur de l'ébène et contrastait fortement avec la relative blancheur de son visage. Il lui souriait.

Instinctivement, la Fyros mit la main sur la dague qu'elle portait à sa ceinture. « Hors de chemin Matis ou je te pogne ! » Elle grimaça. Mais d'où connaissait il son nom ?

« Voyons voyons, je cherche à résoudre un conflit et toi tu cherches à en créer un autre. Vois au-delà des rivalités entre nos deux peuples. »

« Et quoi encore ? Pour que je retrouve ces dents dans l'arme qui tuera plus tard mes compagnons ? Je préfère encore les donner au premier venu. » Un plaisantin fit semblant d'attraper la bourse contenant les dents de Varynx, mais vit sa volonté se consumer entièrement alors qu'il rencontrait le regard de la furie.

Elle continua. « Je sais pourquoi vous êtes ici Matis, vous nous espionnez et vous tournez les guildes Fyros les unes contre les autres. » Elle jouait nerveusement avec sa dague.

Le Matis ne parut pas s'en offusquer, il ne fit que lui répondre d'un signe de tête et repartit silencieusement ...

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