Ryzom
Girlyshop

De EncyclopAtys

Révision datée du 17 avril 2006 à 13:46 par Girlyshop (discussion | contributions) (Chapitre neuf : La reunion – An 2531 –)
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Carte d'Identité

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Nom : Girlyshop
Nom tribal : Cian
Race : Tryker
Rôles importants :

Background

Chapitre Un : Route commerciale des terres matis – Horizon 2527 – –

Le convoi d'esclaves traverse lentement la masure. La route est pénible du fait d'un hiver rigoureux et nombre d'esclaves trykers peu habitués au froid et affamés sont déja tombés en chemin. Ca n'a pas l'air de tourmenter davantage l'escorte du convoi, il est imperatif pour eux de rejoindre Yrkanis au plus vite car la neige ne cesse de tomber et bientot la route même sera impraticable. Encore toute petite, je suis entassée avec d autres enfants et des homines dans la roulotte que deux mektoubs tirent péniblement, les homins, eux, sont enchainés à l arrière… Tout près de moi, une petite fille me sourit, ses cheveux sont roses vifs et la situation n'a pas l'air d affaiblir sa joie de vivre… Pour ma part, je suis paralysée par la peur et la confusion : Quelques jours auparavant notre camp fut décimé par les esclavagistes et laissé en flamme et la derniere fois que ma mère posa les yeux sur moi ce fut en rendant son dernier souffle. Notre famille qui avait déja souffert la perte de mon père seulement quelques mois après ma naissance est détruite et j'en suis maintenant la seule membre en vie…. Je scrute le sceau tatoué sur ma peau, la marque des esclaves vient d'être tout récement posée sur moi et me fait encore très mal. Et sa signification est tout aussi pénible, je ne serai jamais plus libre… Maintenue dans les bras d'une ancienne, je suis en proie au désespoir et incapable de dire un mot depuis des jours… Soudain un énorme fracas résonne à l'extérieur. Le convoi est attaqué par une horde de brigands. C'est un monde hostile et les routes ne sont sures pour personne, les mektoubs effrayés finissent par galloper et la roulotte glisse au detour d'un virage, verse et finalement va s'écraser en contrebas. Durant le choc ma tête est violement heurtée par une nasse d'outils et je perds connaissance… Des sons insoutenables me tirent bientôt de l'inconscience… Il règne le chaos le plus total, j 'entends des cris et gémissements de douleur de toute part. L'ancienne qui m'avait protégé lors de la chute a relaché son étreinte… Je la regarde : qui est elle ? et où suis je ? Tous mes souvenirs antérieurs à l'accident ont disparu et je reste paralysée de torpeur… Une petite main me saisit le bras, c'est une fille aux cheveux roses qui est ecrasée par le corps inerte d'une homine, elle pleure et me supplie de lui venir en aide. Je la tire à grand peine vers moi puis me tourne vers l'ancienne… Celle-ci m ordonne de fuir avant le retour des brigands et rend l'âme… Je ne saisis rien à la situation mais l'ordre de l'ancienne réveille mon instinct de survie… Je m'extripe avec la petite de la carcasse de la roulotte. Un vent froid et sec coupe ma peau et au dessus de nous une bataille sans merci se livre… je décide de fuir en direction opposée… Nous avancons à grand peine dans la neige, la forêt est proche, nous devons la rejoindre au plus vite pour nous dissimuler. A l'orée du bois, je me tourne en direction de la roulotte. Des survivants fuient à grand peine et sont déja rattrappé par les brigands, s'en suit un massacre… Nous ne cessons de marcher et la nuit tombe déja. Je n'ai plus de force. La petite et moi avons traversé la forêt sans mot dire et je n'ose lui dire ce que personne n'ignore : La nuit et le froid auront raison de nous dans peu de temps. Je decide d'abandonner la marche en croisant une cavité rocheuse. Le bois est trop humide pour faire un feu. J'enlasse la petite en quête de chaleur mais déja j'entends son coeur battre faiblement. Nous restons toutes deux serrées l'une contre l'autre attendant de dormir d'un sommeil éternel. Mes yeux se ferment…

Chapitre Deux : L'enseignement de Sightseer

J'entends le bruit de braises crépiter d'où sort une chaleur bienveillante, j'ouvre lentement les yeux, devant moi se tient assis un homin de la même race que nos assailants, un être grand et fin qui me scrute impassiblement. La petite et moi sommes enveloppées dans une couverture et malgré la peur causée par sa presence, je suis épuisee et m'endors de nouveau. Tard le lendemain, je trouve la petite et le grand homin en train de déjeuner. Celui-ci remarque mon reveil et me tend à manger. La faim supprime toute forme de politesse et j'avale avidement ma gamelle sans un mot. L'homin dégage une certaine bonté, il n'a pas l'air comme les autres de la veille. Je l'écoute parler avec la petite qui relate le drame passé. Cela à l'air d affecter le grand homin… Puis viennent les présentations : son nom est Sightseer, la petite se nomme Echo. Il me demande alors mon nom…. Quel est mon nom ? Mais qui suis je donc ? J'ai très peur lorsque je réalise à nouveau que tout souvenir de mon passé a disparu. Sightseer comprend ma détresse et dit : Laisses moi soigner cette blessure à la tête, pourquoi ne parles tu pas ? J'explique d'abord difficilement que je ne sais plus mon nom et peu a peu en parlant, pose toutes sortes de questions sur le monde qui m'entoure en quête de compréhension. Les jours passent, mes nuits sont hantées de cauchemars mais leurs sens m'échappent. Je vois des visages, des morts, le chaos. Nous avons reprit la marche dès que nos forces furent suffisantes. Sightseer nous a fait la promesse de prendre soin de nous le temps pour nous de savoir nous battre et rejoindre notre continent. Ainsi il y aurait un monde d'ou Echo et moi serions natives. Nous sommes donc sous tutelle de Sightseer… Il nous équipe et nous demande de cacher le sceau des esclaves a quiquonque étranger. Commence alors un long apprentissage du forage. Très souvent nous faisons escale dans les villages afin de vendre nos confections… Le temps passé aux fils des étapes sur les places marchandes. Peu a peu, les commercants s'accoutument à voir une toute jeune adolescente au timbre encore suraigu essayer de vendre ses articles grossiers. L’un d’eux par maintes fois demande mon nom sans trouver réponse quoi que premièrement offusqué, il décide un jour que ce choix lui incombe… “Toi, dont on ne connait ni l’origine, ni le nom si ce n'est ton mutisme à ce sujet et que tu es de sève tryker… Et bien je vais t'affubler d’un nom qui signifie dans un patoi désuet “fillette”, tu te prénommeras Girlysh.” Cela fait rire, les clients affairés devant son établi et il renchérit : “Et comme je ne trouve plus la paix depuis que tes éclats de voix sévissent ici, pour patronyme je propose O’Peaky qui décrit le mieux les inflexions de ta voix.” Les rires communicatifs de sa clientèle attirent d'autres badaux, cette assemblée débat vivement autour de ce sujet puis ils conviennent que Girlyshop sera l appellation familière addressée à ma personne… Bien sur, Echo et Sightseer sont eux aussi amusés par mon sobriquet et me donnent comme petit nom : Girly. Echo, plus jeune, passe davantage de temps à jouer mais ne reste jamais bien loin de moi. Nous sommes notre seule famille maintenant et je redouble d'efforts pour que rien ne vienne à nous manquer. Après quelques années, Sightseer me suggère de commencer l'entrainement au combat et je choisis la lame. Un an plus tard, Echo se découvre un talent pour le soin et nous chassons alors ensemble. Chaque nuit, je cauchemarde et la colère ne désemplit pas au matin et c'est avec hargne que je m'entraine. Un jour, je recouvrerai totalement la mémoire et vengerai ma famille, aucun doute la dessus. Pour l heure, Sightseer entreprend le long voyage jusqu'aux lacs. Nous sommes assez fortes pour le périple et Sightseer nous avait dit qu'un jour il serait temps de rejoindre les notres. Le voyage durera une saison puis un matin nous arrivons à FairHaven… Bien que toujours jeunes, notre arrivée à Fairhaven marque le jour de notre séparation avec notre mentor… C'est un triste jour mais cela devait arriver… Je n’oublierai jamais notre sauveur et sa patience, aujourd'hui une nouvelle ère commence. Nous sommes chez nous aux lacs après plus d’une annee d'absence.


Chapitre trois : La quête de puissance

Echo est ravie de découvrir la communauté et finit même par entrer dans la garde des dragons noirs, son entrainement bien que sporadique s'effectue à bon rythme mais il m'arrive parfois de la rejoindre afin de la réprimander et de la pousser à plus d efforts… Nous multiplions les contacts avec des trykers et bon nombre sont prêts à nous venir en aide. Mais bien moins sociable qu'Echo, je préfère ne pas me détourner de ma quête de puissance : Je dois être sans cesse plus forte pour nous deux et régulièrement payer les ardoises d'Echo au bar et chez les artisans… Sightseer avait évoqué la religion plusieurs soirs mais je fus surprise d'apprendre l'existence des Kamis de la bouche de Iuwenn. Sans souvenirs ni fondement religieux, je décide de ne prendre le parti d'aucune faction que ce soit, ma religion d'alors s appellant toujours : Colère. Je décide donc de prendre la route seule, rodant, chassant, sans cesse en quête d expérience, pas une seconde de ma vie n'est pas dédiée au combat et je traque sans relache toutes les créatures hostiles avoisinant les lacs. Je trouve alors de précieux alliés dans ma course pour l expérience : Molator, voyageur et crafteur d'armure lourde me fait don d'une armure à mon gout, elle sera noire comme mes idées, ses conseils sont d'une grande utilité aussi. Plus tard, j’entreprend alors le tour du monde d'Atys, un voyage d'un an et demi afin d'accroître encore mon expérience. Kainsei, Dag et Ayanami sont donc mes compagnons dans ce long périple pour l'obtention des téléporteurs. J'apprends aussi à sourire un peu et découvre un monde vaste et varié, d'une beauté époustouflante. Kainsei disparait alors pendant des années et je ne garde que Molator et Iuwenn pour proches. Iuwenn m'aidera énormement à comprendre notre monde et ses conseils ainsi que ses nombreux dons et entrainements me permettent vite de m'assumer totalement. J'arpente maintenant seule l'écorce et m'associe avec quiconque pouvant chasser avec moi. La rencontre d'un fyros Issachan, me révèle mes talents pour la magie offensive et je délaisse la lame au profit d'une nouvelle science bien plus puissante puis avec l'aide de Moonset une matis, je deviens alors Maitre de la souffrance et sévit dans les zones les plus reculées…


Chapitre Quatre : Aux services de la Cabale Aleph Arkelen

Ma mémoire revient peu à peu et je peux aujourd'hui vous conter le peu que je sais de mon passé et ce qu'il est advenu de moi pendant toutes ces trois longues années. Les cauchemars font toujours partie intégrante de ma vie et je ne trouve généralement le sommeil qu'après de longues heures au bar mais j'ai gagné en sérénité… Je fis alors un retour en région lacustre après plusieurs années d'absence et d'entrainement et fut la spectatrice d'un curieux événement. Une assemblée se tenait autour d'un homin se prénommant Elowin. Il proposait des amplificateurs à quiconque pourrait le vaincre. Mes amplis fatigués et sans doute en excès de confiance, je trouvai là une opportunité d’avoir à moindre cout mon équipement, aussi je relevais le défi. Je n'eu pas le temps de lever les bras que deja je gisais au sol. Ceci en plus de m'humilier me fit forte impression… Je faisais déja tant d'effort pour être forte, la rencontre d'un vrai dueleur me poussa à reprendre l'exercice de plus belle. J'ignorai alors pourquoi Elowin m'aida en me vendant à bon prix des amplis suprêmes mais j'appris à l'écouter et voir la bonté en lui. Je quittais donc les lacs tête basse et reprit à nouveau l'entrainement. Je croisa alors Ghorgette et passa plusieurs jours en sa compagnie, ce fut l'occasion de s'amuser en prenant de l expérience. Les pauvres garçons qui chassaient parfois avec nous durent subir bien des colibets et ce n'en fut que plus drôle mais malheureusement les responsabilités de Ghorgette l'amenait à souvent me laisser avec toujours les mêmes : Moon, Sien et Iuwenn parfois. Après de nombreuses conversations avec Elowin, je compris que ma place était auprès d'eux. Défendre les lacs, retrouver la connaissance de ma religion natale, et servir une maison en tant que soldat, telle est ma nouvelle vocation. J’appris à me perfectionner au sein de la guilde mais aussi à servir une cause autre que personnelle. Ce fut un choix difficile voire douloureux pour moi de me tenir à l'écart de Iuwenn que j'avais peu a peu appris à aimer (secrètement). Et bon nombre de proches appartiennent maintenant à une faction adverse et je ne peux qu'entretenir des relations d'ordre diplomatiques avec eux mais je ne regrette rien. Je suis convaincue que les suivants de la Karavan sont pour l’heure, les plus fervents défenseurs de nos contrées. Après des années à arpenter les continents et terrasser les monstres, j'ai finalement appris que le sang ne soulageait pas la douleur et la perte de proches mais seules les larmes pouvaient le faire… Je fais donc des efforts pour laisser mes sentiments s'exprimer, être plus douce, redécouvrir une vie d homine et faire la paix avec moi même. Aujourd hui, grace à la guilde, je n’erre plus sans but, malgré mon bien jeune âge (je ne dois meme pas excéder les vingt années), je combats aux cotés des miens pour la défense des lacs et garde les yeux tournés vers l avenir.

Chapitre Cinq :La rencontre avec le détachement de la boheme – An 2531 –

Alors que je forais aux abords d'une ville, je vis passer ce soir là un etrange convoi de caravanes. Les membres de ce convoi portaient des tenues chatoyantes aux multitudes de couleurs. Ils chantaient gaiement aux sons d'instruments.

Bien que certains étaient d'une constitution fragile, il émanait d'eux une énergie sans commun. Je reconnus cette énergie pour en avoir vécu lors de mon passé solitaire.

Cette énergie était la joie d'être libre comme le vent, d'errer sans but libre de toute contrainte, sans soucis des lendemains.

Je fus très secouée par cette reflexion. Jusque la plongée dans des préoccupations d'officier supérieur, je m’etais investi corps et âme dans ma fonction allant jusqu’a occulter mes problèmes et aspirations personnelles. Celles-ci resurgissaient violement alors.

J’avais un temps pu trouver la paix de l'esprit à la cabale et beneficier d'une expérience salutaire au son sein, y avais pris des responsabilités somme toute peut-être trop lourde au vu de mon âge car à cet instant précis j’étais de nouveau en proie à la confusion et au tumulte de mes pulsions.

C'est alors qu’une homine faisant partie du convoi vint à moi. C’était une petite tryker aux traits fins mais ses grands yeux bleux profonds étaient francs et pénétrants. Nul doute, que malgré sa douceur apparente c’était une personne qui parlait sans détour.

“ Salut à toi, je m'appelle Meola, quel est ton nom ?”

Après m’être présentée, je mis en pause mon travail et offrit de l'eau à mon interlocutrice. En me remerciant, Meola fixa doit dans mes yeux et dit alors :

“Je vois dans ton regard harassement et tourments et cela m'attriste… Les sédentaires s'encombrent de tracas bien inutiles et la vie au sein des cités les laisse souvent seuls face à leur peine… “

Sans répondre j’acquiessai… Meola saisit alors mes mains afin de les examiner.

“ Si tu veux mon avis, tu travailles trop et cela ne resoudra rien de plus il est déja tard…”

Plus loin le convoi s'éloignait à la recherche d'un emplacement pour faire étape. Déja le crépuscule pointait à l'horizon…

“Veux tu passer la nuit au camp avec nous? Communier avec des pairs, écouter nos histoires et de la musique autour d'un feu, confier à des etrangers ce qui te pèse sur le coeur… Nous n'avons que peu de choses à offrir mais elles sont pour nous les seules essentielles. L’hospitalité fait partie de ces choses…”

Beaucoup aurait refusé, ce jour là je ne reflechis pas mais allai chercher au plus profond de mon coeur. Un appel irrésistible me poussa à suivre Meola sans que je ne puisse en trouver la raison. Je me dressai sur mes jambes, souris à Meola.

“ En route”


Chapitre Six :Des retrouvailles inéspérées – An 2531 –

Sur le chemin pour rejoindre le convoi, débute une toute autre conversation. “Ou donc ce convoi se rend-t-il?” “Nous sommes en route pour le camp secret de la tribu, je suis à la tête de cette expédition qui a pour but de vendre notre artisanat. Je profite aussi de cette occasion pour tenter de retrouver des survivants d’un épisode tragique qui a frappé la tribu il y a maintenant 4 ans.” Tant de franchise, me pousse à questionner encore Meola. “Peut on savoir ce qui s'est produit il y a 4 ans de cela ?” ”Malgre l'abolissement de l’esclavage, un vil marchand découvrit l’un de nos camp et profita de notre autarcisme pour l’attaquer sauvagement… Durant l’assaut beaucoup sont tombés, les captifs ont ensuite été emmené dans le but de satisfaire les commanditaires de ce marchand… Quelques homins, des homines et plus grave les enfants…” Complètement sous le choc, je reste muette et Meola continue : “Deux de nos chasseurs de retour ont pu de loin être le témoin de ce crime trop tard hélas, aussi ils convinrent d’un plan… Pendant que l’un courrait sonner l’alarme auprès des autres chasseurs, l’autre suivrait le convoi et laisserait des repères pour que l’on puisse en retrouver la trace.” “Ou donc est parti le convoi ?” “Guère loin heureusement... Les chasseurs alertés se sont hatés de rattrapper le convoi et ce en moins de quelques jours mais quand il fut en vue, à leur grande surprise, les caravanes étaient sans dessus dessous, les trafiquants attaqués par d’autres bandits et les membres de notre tribu pieds et poings liés eux aussi périrent avant que les chasseurs puissent atteindre les lieux.” “Les chasseurs s’en prirent aux bandits qui poursuivaient les quelques bohemiens et exclavagistes qui prenaient la fuite” “Quand les chasseurs finirent par prendre le dessus, le bilan était lourd… Bien peu des notres avaient survécu et l'on avait aperçu des enfants se réfugier dans la forêt alors que l’hiver était bien trop hostile..”

“Seuls deux chasseurs furent envoyéz à la recherche des enfants pendant que les autres préparaient le voyage de retour afin d’offrir des sépultures dignes pour nos victimes…”

“Mais après 4 bonnes heures, ils sont revenus affreusement frustrés, leur recherche fut vaine…” C’est en tremblant et avec toutes les peines du monde que je pose cette question : “Et les enfants, tu les cherches toujours? Pourquoi les crois tu en vie après si longtemps? Pourquoi ne pas avoir baisser les bras depuis…” Et ma voix s'étouffe en un sanglot qui vient chercher tres loin ses racines… “C’est un secret, je ne p…” Meola s’arrête brusquement “Pourquoi ces pleurs?” Les souvenirs enfouis, parfois ils refont surface alors que nous y sommes le moins préparé… Avec parfois une force telle qu’on en perd pied, conscience, ou raison… Un voile blanc, je me sens tomber et plus rien… Meola reprend le dessus de sa stupeur car un présentiment l’étreint violement. Elle se penche sur le corps inerte, dessère les liens de la robe pour en examiner la hanche. “Jena a entendu nos prieres” se dit elle en son fort interieur. Elle hurle pour alerter le convoi : “Sacha vient vite!!!” Autour de l'attroupement Meola s'adresse à Sacha : “Sacha, regarde cela” et désigne ma hanche. “ Qu’on l’installe dans ma roulotte, dès l’aurore nous leverons le camp pour rejoindre la tribu… La madonne a entendu nos prières, nous avons réussi.”


Chapitre Sept : La boheme – An 2531 –

Quand je reprends conscience, c’est dans la couchette d’un modeste tipee comme ceux qui compose le camp de la boheme. A mon chevet, une vieille femme. Elle ne tardera pas satisfaire la plupart de mes questions et Meola dont je partage le tipee, veille sur moi chaque nuit tout en me racontant le passé de notre tribu. Ils m'ont cherché sans relache tout ce temps sans que jamais nos routes se croisent. Tant d’années, tant de souffrances pour qu’enfin je découvre mes origines et les miens… Tous sont très avenants, bienveillants et souriants mais pourtant une question reste sans réponse malgré mes demandes répetées : Quel est mon nom? Qui étaient mes parents? Un jour, Meola revient avec un ancien au visage buriné. Très calmement, il s’adresse à moi : “Ce fut un grand soulagement pour nous de te trouver… Un grand choc pour toi aussi… Il y a parfois des secrets qu’on ne peut livrer que lorsque l’initié est en mesure de le soutenir… Tu demandes des précisions sur ta famille mais tu vas tout juste sur tes vingt ans. Accordes moi ta confiance et fait preuve de patience. Toute la vérité tu auras quand le moment sera venu…” L’ancien dégage une telle sérénité, il allume une pipe et continue: “Je comprend que tu trouves cela injuste, si tu me promets de ne pas entreprendre de recherches et d’attendre le moment opportun, je vais tout de même t’apprendre ton vrai nom” Il tousse un peu avant de reprendre : “Les sédentaires ont choisi déja un nom pour toi, il est probable que tu le gardes mais quand tu vivais encore parmi nous, tu repondais au nom de Cian comme la couleur des lacs que ta famille chérissait tant.” Cian…. Ce mot résonne dans ma tête. L’ancien m'annonce qu’il va prendre congé mais qu’il reviendra dans quelques jours… Cian… Un simple mot, un mot qui a le pouvoir d’apaiser mon esprit comme jamais il ne m’a été offert. Un mot qui à sa seule évocation a balayé mes démons, chassé mes cauchemars, me rend espoir d’apprendre un jour toute la vérité… Un mot si précieux que je le garde pour moi seule…

Chapitre huit : Bref apercu de la vie au camp – An 2531 –

C’est une ère nouvelle. Rien n’est plus pareil. La vie au camp est comme un havre de paix. J’y découvre une tribu qui dédie sa vie à parfaire son artisanat, à extraire avec le plus grand soin les ressources d’Atys, confectionne de riches étoffes et instruments de musique, s’adonne aux arts de toutes formes. Leur exubérance et caractère bien trempés, les conduisent parfois à se quereller vivement à cause de malentendus souvent en raison d’une propension à changer la tournure des évènements selon leur fantaisie. Tous font appel à un fort esprit de dérision et souvent d’un brin de moquerie. Eclate alors une véritable scène qui résonne si fort que personne présent ne peut alors oser prétendre ignorer la situation mais ce n’est que pour exorciser le mal après quoi ils se pardonnent tout aussi vite. Si des histoires évoquent des querelles intestines de par le passé, la fragilité de l’actuelle tribu a rangé tout le monde du coté de la tempérance. Aussi ce n’est que pour rythmer la vie très paisible du camp que surviennent parfois des éclats de voix. Les homins du camp appliquent très rigoureusement leur devoir conjugal et envers la tribu. Bien mal leur en prendrait car je viens à penser parfois que les plus redoutables de nos membres sont les homines. J’ai vu detaler bien des braves qui avaient provoqué le courroux de leur moitié. Bien souvent coquettes et un tant soit peu frivole, un tout petit déconvenu change la plus timide homine en un véritable dragon. Le plus frappant selon moi chez les bohemiens est leur supersticiosité : Ils voient des présages partout, rappellent telles ou telles croyances dès qu’un évènement que beaucoup jugerait annodin se produit. Ils sont très concernés par la magie et s’interessent donc aux esprits kamis qu’ils respectent au moins autant qu’ils redoutent. Mais de toutes les croyances, mythes et superstitions que contient la culture bohemienne, une tient une place préponderante : “Jena” qu’il surnomme “madonne”. A la facon dans ils l'évoquent, il semble que c’est plus un rapport affectif que religieux qui les lie à Jena. C’est pour eux un symbole puissant de la mère, véritable statue dans la tribu. Une mère revêt un caractère casi sacré en lui même, porter un quelconque préjudice à la mère d’un bohemien revient à commettre un sacrilege. Encore qu’il n y a pas réellement d’autorité en place pour juger ou condamner, chaque famille gardant la responsabilité de ses actes et se contentant de prendre conseil s’elle le souhaite auprès des plus anciens qui forment un petit conseil non formel.


Chapitre neuf : La reunion – An 2531 –

Un soir, l’ancien reparait au tipee accompagné de Meola et d’autres membres émminents. Une fois tous installés et quelques banalités échangées, il fait un signe qui fait penser que la raison de leur presence va etre exposée à cet instant : “Cian, il est temps de te faire part des maux qui frappent notre tribu… Il y a fort longtemps que nous vivons bien à l’abri des indiscrets dans les Landes Obscures. Notre présence ici n’étant connue que du gourverneur qui a toujours toléré ce fait.” “Mais lorsque notre tribu fut découverte par des esclavagistes, les pertes eurent des répercussions des plus tragiques et deux en particulier aujourd’hui font l’objet de cette réunion.” “Notre culture risque de s’éteindre à mesure que notre sang s’appauvrit. Cela ne nous est pas permit mais on ne peut plus ignorer ce fait et il nous faut réagir.” “Tu as vécu dans les cités, les as défendu, participé à l’édification d’un temple, tu es reconnu comme citoyenne là bas…” Aspirant une bouffée sur sa pipe, il reprend : “C’est pourquoi malgré que Meola m'ait informé que ton séjour ici était pour toi vécu avec joie, nous avons une demande à te faire. Je suis peiné de t’imposer pareille responsabilité mais je souhaite que tu regagnes FairHaven”. “Là bas nous voulons que tu etablisses un hall et nous y représentes… Il est temps que les réfugiés connaissent notre existence et ce afin de tenter d’enrayer notre extinction…” “Certains prendront la route avec toi, et nous ne sommes jamais qu’à quelques lieues de FairHaven… Une fois établi, essaie d’inscrire définitivement notre tribu dans la capitale. Tentes de nous y faire accepter et enfin d’y recruter des homins et homines pour qu’ils se métissent avec les derniers descendants de nos vieilles familles et perpétuent nos traditions…” Comment décrire mes sentiments d’alors… J’étais à la fois peiné d’apprendre la situation de ma tribu et effrayée de devoir endosser pareille reponsabilité. “Ne serait il pas mieux qu’un membre plus sage s’acquitte de cette tache. Le manque d’expérience m’a déja valu de commettre des erreurs et si je venais à echouer, qu adviendra t il de la tribu ?” “Oh, crois moi, nous n’ignorons pas ta jeunesse qui peut conduire à des erreurs de jugement mais personne n’est parfait vois tu… Il est certain que tu en commetteras mais nous croyons en ta capacité à te remettre en cause. Les erreurs ne sont pas quelque chose dont on peut se prémunir, les erreurs sont là aussi pour nous apprendre.” Il vide alors sa pipe dans un récipient : “Malgré cela tu restes la plus à meme de mener cette mission, de l’expérience que tu acquerras, tu ne garderas que le bon et ainsi se façonnera celle qui est maintenant la gardienne de la tribu…” “Sois courageuse, écoutes tes pairs, sois patiente, retiens toujours un enseignement de tes fautes et poursuit ton but, notre cause… Gardienne, prépares tes effets et un détachement, dans une semaine tu prendras la route de FairHaven…”